Le 16e arrondissement a longtemps souffert d’une réputation injuste de désert gastronomique. C’est faux depuis longtemps et les dernières années lui ont apporté quelques adresses qui comptent parmi les plus intéressantes de la capitale. Voici notre sélection de parmi les meilleurs restaurants du 16e arrondissement.
Brach Paris, la table méditerranéenne du 16e qui attire bien au-delà du quartier
Le restaurant du Brach Paris est l’une des créations les plus réussies de Philippe Starck dans l’hôtellerie parisienne. Installé au rez-de-chaussée de l’hôtel de luxe cinq étoiles de la rue Jean Richepin, il fonctionne autant comme une bonne adresse de quartier que comme la table d’un hôtel de prestige. La cuisine méditerranéenne, généreuse et bien exécutée, s’étend de l’entrée au dîner avec une carte qui change selon les saisons. La cour intérieure végétalisée est l’un des espaces les plus agréables de déjeuner dans cet arrondissement au printemps et en été.
La carte fait la part belle aux légumes, aux poissons et aux herbes fraîches dans un esprit ensoleillé qui tranche avec la tradition plus roborative de certaines tables du 16e. Le chef travaille avec des producteurs réguliers dont les noms figurent sur la carte : une façon de situer les assiettes dans un territoire plutôt que dans une mode. Le brunch du week-end, l’un des plus courus du quartier, attire autant les riverains que les clients de l’hôtel. Le bar du rez-de-chaussée prolonge les repas jusqu’à l’heure de l’apéritif avec une sélection de vins naturels et de cocktails maison.
L’hôtel dont le restaurant fait partie vaut aussi la visite pour ses chambres généreuses mêlant béton ciré, cuivre et bois brûlé, son rooftop qui figure parmi les plus appréciés pour l’apéritif en hauteur, et son spa en sous-sol avec piscine intérieure et hammam. Le bois de Boulogne est à dix minutes à pied pour ceux qui veulent prolonger la journée en extérieur.
Brach Paris — 1-7 rue Jean Richepin, 75016 Paris — brachhôtel.com
Saint James Paris, le club-hôtel et sa table discrète
Au sein du seul château de Paris, installé avenue Bugeaud dans un hôtel particulier néogothique de 1892, le Saint James Paris tient une table gastronomique dans un décor de bibliothèque victorienne qui n’appartient qu’à lui. Des rayonnages du sol au plafond, des fauteuils club, une cheminée qui crépite en hiver : la salle du restaurant est l’une des plus singulières de la capitale, et l’on vient autant pour le cadre que pour l’assiette.
Le chef Julien Montbabut y signe une cuisine de saison précise et ambitieuse, avec un menu qui évolue régulièrement au fil des arrivages. Les produits sont choisis avec soin parmi les meilleurs producteurs français : Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc, pigeon de Racan, asperges blanches de la Montagne, fraises des bois du Périgord en été. La construction des plats témoigne d’une vraie maîtrise technique, avec des sauces et des jus travaillés sur plusieurs jours et des garnitures qui ne s’effacent pas devant la pièce principale mais dialoguent avec elle. La carte des vins, l’une des plus intéressantes du 16e, est structurée autour de grands domaines classiques et de découvertes moins attendues.
Le jardin, accessible en été pour l’apéritif et les dîners aux beaux jours, transforme le Saint James en l’une des rares adresses parisiennes où l’on dîne dehors dans un cadre de parc privé. L’adresse est particulièrement recommandée pour les déjeuners d’affaires ou les dîners romantiques : le niveau de service, la qualité de l’accueil et la discrétion du lieu composent une expérience difficile à trouver ailleurs dans l’arrondissement.
Saint James Paris – 43 avenue Bugeaud, 75016 Paris – saint-james-paris.com
The Peninsula Paris, le grand restaurant sous la verrière
L’Oiseau Blanc, restaurant gastronomique du Peninsula Paris perché au dernier étage de l’hôtel avenue Kléber, est l’une des tables avec vue les plus spectaculaires de la capitale. La terrasse panoramique, ouverte dès les beaux jours, offre un panorama à 360 degrés sur les toits de Paris avec la Tour Eiffel en point de mire. La cuisine du chef Nicolas Rondelli y est précise et élégante, ancrée dans les saisons et les produits français de premier ordre : langoustines de Bretagne, pigeon de Bresse, légumes du potager en Île-de-France. Le menu déjeuner, plus accessible que le dîner, est l’une des bonnes affaires gastronomiques du 16e pour ceux qui veulent s’offrir ce cadre sans engagement sur l’ensemble de la carte. Le service, à la hauteur d’un cinq étoiles de ce rang, est aussi l’un des plus fluides de l’arrondissement.
Au rez-de-chaussée, la brasserie LiLi propose une cuisine cantonaise raffinée qui compte parmi les meilleures tables asiatiques de Paris. La carte, supervisée par des chefs venus de Hong Kong, s’étend des dim sum du déjeuner aux grandes pièces rôties du soir, dans une salle aux laques rouges et aux dorures qui tranche avec le reste de l’hôtel. Deux adresses sous le même toit, deux registres très différents, pour un hôtel qui a su faire de sa restauration un argument à part entière depuis son ouverture en 2014.
The Peninsula Paris – 19 avenue Kléber, 75016 Paris – peninsula.com/paris
Pages, la table nippone-française qui fait se déplacer tout Paris
Rue Auguste Vacquerie, le restaurant Pages est l’un de ces endroits où l’on comprend que le 16e n’est pas ce qu’on croit. Le chef Ryusei Sakamoto y pratique une cuisine française de très haute tenue, traversée d’influences japonaises qui ne s’imposent jamais comme un concept mais comme une évidence. Une étoile Michelin, une salle épurée d’une vingtaine de couverts, un menu en plusieurs actes qui change régulièrement selon les arrivages du marché et les humeurs du chef.
Les produits sont d’une qualité constante : poissons de ligne, légumes de petits maraîchers, viandes sélectionnées avec soin. Les sauces sont d’une précision remarquable, construites à la française mais épurées par un regard japonais qui sait quand s’arrêter. Le rythme du service est attentif sans être intrusif, et la salle a la bonne taille pour que le chef puisse surveiller chaque assiette qui sort. La carte des vins, courte et bien choisie, privilégie les vignerons indépendants et les appellations moins évidentes. Une adresse confidentielle que les habitués défendent avec la jalousie de ceux qui ne veulent pas voir leur table réservée par tout Paris.
Pages – 4 rue Auguste Vacquerie, 75016 Paris – restaurantpages.fr/
Kei, la précision japonaise et le terroir français
Rue Lauriston, dans un quartier résidentiel du 16e, Kei est l’adresse du chef japonais Keisuke Matsushima, formé auprès de Michel Guérard et Alain Ducasse avant d’ouvrir ce restaurant qui mêle techniques françaises et sensibilité japonaise avec une cohérence rare. Deux étoiles Michelin depuis plusieurs années. La salle est petite et intime, une vingtaine de couverts dans un décor épuré où le bois clair et la lumière tamisée orientent naturellement l’attention vers l’assiette.
La carte change selon les saisons avec des produits sourcés avec soin auprès de producteurs français que le chef suit depuis des années. Le menu dégustation en plusieurs services est la meilleure façon d’appréhender sa cuisine : une entrée qui joue sur la fraîcheur et l’acidité, un poisson travaillé avec une délicatesse qui rappelle la tradition kaiseki, une viande française dont la cuisson à la minute révèle l’attention portée à chaque détail. Les sauces, d’inspiration française dans leur construction mais allégées selon une sensibilité japonaise, sont souvent la partie la plus mémorable du repas. Une adresse pour ceux qui cherchent la gastronomie sans ostentation.
Kei – 5 rue Lauriston, 75016 Paris – restaurant-kei.fr
N.
Articles similaires:
- Plus beaux hôtels de luxe de Paris
- Meilleurs hôtels 5 étoiles de Paris
- Les meilleurs hôtels avec vue sur la Tour Eiffel
- Où manger chez un chef de top chef ?
- Les meilleurs boutique hôtels proches des Champs-Élysées








