6 degrés de séparation : Milgram, moteurs de recherche et réseaux sociaux

« 6 degrés de séparation » : c’était l’un des thèmes de la conférence d’ouverture des Search Engine Strategies 2011 de New York, le salon majeur des moteurs de recherche, menée par Duncan Watts de Yahoo!.

Le principe est très simple et ne date pas d’hier. Fasciné par les avancées technologiques dans les secteurs de la communication, des transports et des voyages, c’est en 1929 qu’un certain Karinthy émit l’hypothèse que le monde était en train de rétrécir, que les réseaux d’amitié des gens s’étendaient… et que si l’on sélectionnait au hasard 2 personnes sur la planète, n’importe lesquelles et n’importe où, une chaîne maximale de 5 individus serait nécessaire, en partant d’une « connaissance » du premier, pour atteindre le second, pioché au hasard des 1,5 milliard d’habitants sur Terre (à l’époque) !

En 1967, ce fut prouvé : “le monde est petit”

Plusieurs sociologues se lancèrent dans des expériences pour démontrer cette théorie des « 6 degrés de séparation ».

La plus aboutie fut réalisée en 1967 par l’Américain Stanley Milgram qui envoya 60 lettres à des habitants choisis au hasard dans une petite ville du Nebraska. A l’intérieur de la lettre on demandait au destinataire de l’envoyer à un individu de l’état du Massachusetts, tiré au sort lui aussi. Pour ce faire, les 60 destinataires initiaux ne pouvaient l’envoyer directement, ils ne pouvaient transmettre la lettre qu’à une relation ou à un ami qui à son tour la transmettrait à une relation… en espérant la voir atteindre sa cible en bout de chaîne : l’individu du Massachusetts.

Bien que cette première expérience n’eut que 5% de résultats (3 lettres arrivèrent à destination dont une au bout de 4 jours !!!), d’autres études également concluantes furent menées par la suite, démontrant un principe : dans le monde, un homme pris au hasard n’est distant (en partant de son réseau relationnel) d’un autre homme pris au hasard, que par un maximum de 5 individus !

Duncan Watts de Yahoo! est alors arrivé à la conclusion que l’assistance attendait : les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de vérifier cette règle à grande échelle via des échantillons de dizaines de milliers d’individus…

…et signe des temps, aux Etats-Unis quand on parle de « moteur de recherche », on n’a plus uniquement en tête Google et on l’affirme haut et fort, Facebook est devenu le 2e moteur de recherche américain, devant Bing et Twitter : deux « réseaux sociaux » figurent aujourd’hui dans le top 4 !

Emmanuel Laveran

 

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